Pour son troisième défilé de couture pour la maison, le directeur de la création Demna a puisé dans les moments clés de l’histoire prolifique de Balenciaga. Le défilé est retourné à son berceau parisien, le salon de couture emblématique du 10 avenue George V, avec une extension qui fusionne les ateliers et les bureaux. Les salons nouvellement rénovés présentent des détails de design contemporains tels que le verre fumé qui rompt avec les murs en pierre brute d’origine, injectant de la modernité dans l’espace historique. L’installation était propre et nette, avec des interprétations a capella des œuvres de la légende de l’opéra Maria Callas qui ont traversé les pièces, remplies d’une foule de mode sérieuse.
Le premier look de cette collection faisait référence aux archives de la maison datant du milieu des années 60 et rendait hommage aux créations emblématiques du fondateur Cristobal Balenciaga. Une robe noire de minuit ornée de fleurs en velours et d’un collier de perles intégré a été portée par Danielle Slavik, ancien mannequin et muse de Balenciaga. L’ensemble réimaginé reflétait la vision de Demna, qui cherchait à faire le lien entre le passé et le présent.
Le tailleur a également pris un tournant créatif, avec des encolures élargies qui font référence aux ourlets des vestes de costume. Les épaules exagérément marquées et les tailles fortement cintrées ont fait leur retour, autant de traits caractéristiques du passage de Demna au sein de la maison. Les imprimés de base, tels que les carreaux Prince de Galles et la laine à rayures, étaient présents dans plusieurs looks masculins, réalisés à partir de denim japonais tissé sur des métiers à tisser anciens.
Le trompe-l’œil était toutefois omniprésent, sous la forme de denim peint à la main et de fausse fourrure au lieu de l’archétype de l’imprimé numérique. D’autres textures uniques, telles que le pied-de-poule et le python, ont également été reproduites et gravées sur les revers et les boutons.
Des manteaux du soir longs comme la cheville et des écharpes assorties ont ensuite fait leur apparition, leurs silhouettes soufflées par le vent mais immobiles. Cet effet a été obtenu grâce à deux journées entières de confection à la main par les maîtres artisans de la maison, ce qui témoigne du savoir-faire inégalé de la maison. Ont suivi des robes sabliers entièrement construites en dentelle de guipure suisse et une robe moulante en cotte de mailles de laiton, toutes plus complexes les unes que les autres. Le look final a vu émerger un chef-d’œuvre de chrome construit à partir de résine galvanisée et d’une armure imprimée en 3D, au milieu de l’admiration et des applaudissements. Il clôturait parfaitement la collection et démontrait parfaitement l’emprise de la technologie sur l’habillement moderne et l’humanité.