Dior à Mumbai : une collection pre-fall qui célèbre la culture indienne

Le défilé pre-fall de Dior à Mumbai le 30 mars 2023 a été un événement marquant pour la maison de luxe. Ce défilé a permis à la maison de se présenter comme une marque puissante et ambitieuse, mais il est important de souligner la véritable raison de cet événement. Cette collection, qui sera en vente dès la fin mai dans les boutiques, est une célébration de la culture indienne. Contrairement à d’autres marques de luxe, la collection de Dior utilise des références subtiles à la culture indienne plutôt que de simples clichés tels que le sari ou le jodhpur.

Un partenariat de longue date

Maria Grazia Chiuri, directrice artistique de l’univers féminin de Dior, a travaillé en étroite collaboration avec les ateliers de broderie et de tissage de Chanakya pendant plus de vingt-cinq ans. La collection pre-fall de Dior est l’occasion pour Chiuri de célébrer cette collaboration. Le partenariat s’est renforcé avec le temps, et l’on retrouve les techniques de broderie et de tissage de Chanakya dans la couture ainsi que dans le prêt-à-porter. Les décors de défilé ont également été confiés à des artistes locaux comme Eva Jospin, Madhvi Parekh et Manu Parekh, tous originaires de Mumbai.

Un hommage à la mémoire

La collection pre-fall de Dior est également un hommage à la mémoire de Chanakya. Les pièces d’archives de l’atelier ont été utilisées pour créer de nouvelles pièces, comme une petite veste noire ornée de passepoil et de broderies d’or. Cette veste est associée à de larges pantalons, créant une silhouette élégante et moderne. Les créations de Chiuri ne sont pas ancrées dans une époque révolue, mais au contraire, reflètent l’air du temps. La collection comprend également des robes brodées de sequins, des patchworks précieux et un madras exclusif. Cette sophistication est équilibrée par la simplicité de robes-chasubles immaculées ou d’immenses chemises.

C’est vrai aussi de l’offre de prêt-à-porter, qui s’appuie sur ces techniques mais également sur leur mémoire. Ainsi, d’une pièce d’archives de Chanakya peut naître une petite veste noire au passepoil et au dos brodés d’or. On reste loin de tout tropisme historicisant ou folklorique, voire de toute tentation d’appropriation culturelle. En effet, la veste est courte, sur de larges pantalons, allongeant une silhouette qui ose le plat et même la sandale : Maria Grazia Chiuri a le sens de l’époque et du produit. Sans pour autant renoncer à sa propre martingale d’hyperféminité : là des robes brodées de sequins, ici d’autres jouant de la technique de l’appliqué pour de précieux patchworks, là encore un madras exclusif le disputant à l’éclat de soies de couleur. A cette sophistication répondent la simplicité et l’évidence d’immenses chemises ou de robes-chasubles immaculées. Maria Grazia Chiuri poursuit ainsi son dessein d’une allure forte, reconnaissable entre toutes, pour des femmes libérées, allant vite : le propos féministe qu’elle a amorcé depuis ses débuts chez Dior se nourrit de l’influence de ces savoir-faire, transmis traditionnellement de père en fils mais dont elle veut féminiser l’expertise à travers des programmes de soutien à l’école de Chanakya dispensant une formation ouverte aux femmes. La modernité se joue ici, dans des vêtements qui, au-delà du style, ont du sens. Le vrai luxe en sorte.

Une mode engagée

Maria Grazia Chiuri a un véritable sens de la mode féministe et a amorcé ce mouvement depuis ses débuts chez Dior. Elle souhaite féminiser l’expertise traditionnellement transmise de père en fils en ouvrant des programmes de formation à l’école de Chanakya, ouverts aux femmes. La collection pre-fall de Dior est donc engagée dans une mode qui a du sens. Les vêtements de Dior ne se contentent pas d’être des pièces de mode sophistiquées, ils portent également un message : celui de l’émancipation des femmes.

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